L’aide à la prise de médicaments

L’ESSENTIEL

Renforcement du droit des usagers

L’aide à la prise de médicaments constitue une modalité d’accompagnement des usagers des établissements sociaux et médico-sociaux qui va dans le sens d’un plus grand respect de leurs droits fondamentaux. La loi n° 2002-2 du 2 janvier 2002 prévoit en effet un accompagnement personnalisé, qui implique notamment une telle aide, ponctuelle ou définitive, selon les besoins de la personne.

Clarification des rôles

La loi n° 2009-879 du 21 juillet 2009 portant réforme de l’hôpital et relative aux patients, à la santé et aux territoires met fin aux nombreuses tergiversations et inquiétudes des professionnels des champs social et médico-social, en clarifiant le rôle de chacun.

Responsabilité professionnelle

Désormais, l’aide à la prise de médicaments constitue une obligation professionnelle. Des sanctions disciplinaires pouvant aller jusqu’au licenciement pourront être prononcées à l’encontre de ceux qui y seraient réticents.

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6 Responses to “L’aide à la prise de médicaments”


  • Le législateur a certes facilité les organisations avec cette possibilité de distributions médicamenteuses tout en omettant les conséquences que cela peut avoir dans la pratique professionnelle de l'intervenant social à qui on  a dit durant des décennies qu'il n'avait ni compétences et droit de donner quelque pilule que ce soit. La distribution médicamenteuse ne se limite pas à un cachet à distribuer mais peut aller jusquà l'application de pommade dans certains endroits du corps et donc repositionne ce même professionnel dans une reconsidération de son rapport à l'autre. Pas facile d'être dans ce rapport au corps alors que la juste distance professionnelle, le respect de l'intimité sont les mots d'ordre actuels.

    • Il me semble que réduire la question de la distribution des médicaments à la seule distribution d’un “cachet” ne permet pas de prendre en compte tous les paramètres qui intéressent cette question. Il s’agit, comme tu le précises dans ton commentaire que je partage, de problématiques plus complexes. L’avantage des précisions du législateur est justement d’apporter un éclairage qui permettra de mettre un certain terme à des positionnements de refus qui ne se justifiaient aucunement dans certaines hypothèses. Désormais, il est possible de demander, en toute légalité, à des professionnels en charge de l’accompagnement d’usagers au quotidien d’effectuer une aide à la prise de médicaments. Dans la majorité de cas, cette aide n’implique aucun dosage particulier (pilules, cachets…). En revanche, une pommade à appliquer sur des parties intimes ne me semble pas relever d’un acte qui peut être demandé à un professionnel non soignant. En effet, il ne faut pas oublier que le législateur exige que l’acte ne présente aucune difficulté particulière ou formation spécifique. A mon sens, il y a dans cette hypothèse précisément une difficulté particulière. Aussi, il appartient aux cadres de bien distinguer les actes qui appartiennent à ceux susceptibles d’être effectués par du personnel éducatif des actes réservés dans tous les cas aux personnels soignants.

  • Bonjour, 

    Je partage ces observations, mais aussi et surtout ces questionnements ! Une petitte question cependant me vient : Dans le cas d'un ESMS, si le préscripteur précise que l'application d'une pommade sur les parties intimes par exemple ne relève pas d'un acte de la vie courante, selon l'article 313-26 du CASF, cela relève donc du rôle propre de l'infirmier ? Cette disposition donne alors au prescripteur le moyen de définir en quelque sorte les missions de chacun ? 

    Quoiqu'il en soit, le rapport au corps, surtout quand l'Autre est dépendant, n'est pas chose aisée, je partage votre point de vue…

  • Merci de votre commentaire. Pour votre question, vous y apportez en même temps la réponse donc tout est parfait. Le respect de l''intimité sera toujours source de questionnement et tant mieux.

  • Bonjour,

    Après lecture attentionnée des articles sur le sujet et du document PDF associé, j'ai toujours du mal à définir où commence et où s'arrête "l'aide à la prise de médicaments" et donc où commence et où s'arrête l'obligation professionnelle du travailleur social (et sa responsabilité civile pour le coup).

    Exemple concret pour lequel je cherche des réponses :

    - Un éducateur qui donne les médicaments le soir à des enfants, c'est de l'aide à la prise de médicaments, c'est réglementé, autorisé et "obligatoire" si j'ai bien tout compris. (cachets fournis dans un pilullier ou dans des fioles pour les gouttes déjà comptées).

    - Quand, au lieu d'une fiole (ou d'un quelconque récipent fermé contenant le bon nombre de gouttes), on fournit une bouteille du produit avec la seringue pour mesurer la quantité, est-ce toujours de l'aide à la prise de médicaments (donc à faire par l'éduc), ou bien est-ce de la préparation, exclusivement réservée à des personnels qualifés ? Question supplémentaire dans ce second cas : en cas d'erreur de dosage, le travailleur social pourrait-il être accusé de pratique illégale de la médecine ? Sa responsabilité personnelle pourra-t-elle être mise en cause lorsque l'ordre de préparer la bonne dose de gouttes provient de sa hiérarchie ? Et à contrario, peut on le poursuivre et le sanctionner s'il refuse de préparer lui même le bon nombre de gouttes, considérant que ça n'est pas son métier, que c'est de la pratique illégale de la médecine, et qu'il met en danger la santé de l'usager en préparant lui même ces gouttes.

    Les gouttes en question sont des psychotropes.

    Merci de votre avis.

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